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Dans cet article, nous allons examiner le secteur en pleine expansion de l’eSport.

De quoi s’agit-il?

Geek PoliticsLes eSports se définissent généralement comme du jeu vidéo compétitif à un niveau professionnel. Même s’il suffit qu’il y ait un perdant et un gagnant, et qu’il peut donc y avoir des tournois un contre un, il s’agit généralement de jeux par équipes, joués en ligues ou dans des tournois. Ceux-ci ont lieu tout au long de l’année, pour aboutir à un événement final.

Les compétitions internationales proposent des prix considérables, ainsi que des contrats de sponsoring pour les équipes impliquées. De plus, de nombreuses ligues offrent maintenant des salaires réguliers.

Est-ce seulement pour les geeks ou bien pour monsieur et madame tout le monde?

Bien qu’il puisse y avoir une barrière due au jargon utilisé, propre au jeu regardé, certains tournois ont également des streams pour les nouveaux, avec des commentateurs détaillant les pouvoirs de chaque personnage.

Enfin, moins de joueurs eSport réussissent que les athlètes d’autres sports, cela doit donc rester une forme d’amusement pour la majorité, plutôt qu’une vocation/carrière.

Ainsi, comme pour les sports traditionnels, tout le monde peut regarder, mais tout le monde ne peut pas participer.

Peut-on vraiment parier sur des jeux vidéo?

L’ombre des paris et des jeux de hasards plane sur le secteur, comme pour les sports traditionnels. Le gain de popularité des eSports a attiré l’attention de nombreuses entreprises cherchant à profiter de leur succès, dont certains sites de paris illégaux. Ce nouveau domaine présente en effet un potentiel énorme en termes d’événementiel, de sponsoring, de ventes de merchandising…ou encore de paris et de jeux de hasards.

Au début de l’année 2017, le premier procès du genre a eu lieu en Grande Bretagne, initié par la Commission du Jeu, autour de deux hommes gérant un site permettant à tous — y compris aux mineur — de parier sur les résultats de matchs eSports en monnaie virtuelle. La vidéo d’un enfant de 12 ans en train de parier a particulièrement choqué.

Quelle reconnaissance par les gouvernements?

Certains pays investissent dans les eSports afin de booster leur économie et leur profil à l’échelle mondiale.

Les Philippines, par exemple, qui accueillent de nombreux tournois d’eSport., ont confirmé qu’elles reconnaîtraient bientôt le eSport comme un sport officiel, les joueurs pouvant alors déposer des demandes de licences d’athlètes.

Ailleurs, toutefois, les eSports semblent manquer cruellement d’organes de contrôle pour encadrer la discipline et les relations éventuelles qu’elle pourrait entretenir avec les jeux de hasard et les casinos en ligne. Ceci en fait une cible potentiellement attirante pour les casinos en ligne non règlementés.

Quelles sont les lois autour des e-sports et des paris en Belgique en particulier?

Les jeux en ligne n’étaient, jusqu’à 2011, pas réglementés en Belgique. Aujourd’hui, c’est principalement la Loi sur les Jeux de Hasard qui fait foi, mettant en place un cadre légal clair quant à l’offre des jeux en ligne en Belgique et établissant un système fermé de licences. À noter que, de même que pour les paris traditionnels, la version en ligne est interdite aux mineurs (moins de 18 ans).

En réponse notamment à la polémique autour du nouveau jeu Star Wars d’EA, la Commission du Jeu Belge mentionnait une enquête en cours afin de déterminer si le concept des lootboxes du jeu devait être classifié comme jeu de hasard et être ainsi associé à du casino en ligne.

Quel rôle y jouent les blockchains?

La technologie, qui permet aux crypto-monnaies comme Bitcoin d’exister, commence à trouver son chemin dans l’écosystème eSport. Parmi 100 sites de paris en ligne non règlementés contactés par la Commission du Jeu en Grande Bretagne, 16 utilisaient des monnaies virtuelles pour des paris eSports.

L’arrivée des blockchains afin de créer sa propre crypto-monnaie en jeu permettra d’alimenter l’économie décentralisée de l‘infrastructure multijoueurs, les joueurs pouvant gagner des tokens en accomplissant différentes actions, comme sur la plateforme Network Units. Sur le même principe, Esports.com, souhaite, quant à elle, proposer, entre autres, des paris réglementés à ces utilisateurs. Il est également prévu que les tokens gagnés par les contributeurs soient échangeables contre la monnaie fiduciaire de leur choix, augmentant encore l’attrait de la crypto-monnaie.

Selon le fondateur d’ESports.com, les blockchains et les crypto-monnaies rendraient toutefois possible le suivi de chaque transaction, « ce qui rend tout fiable et transparent pour tous. Ceci nous aide nous, mais également l’ensemble de l’industrie, à devenir plus professionnels et à grandir ».

En effet, la transparence des blockchains pourrait également aider à empêcher l’accès aux fonctionnalités de casino en ligne aux mineurs, mais également aux personnes ayant des problèmes de jeu.

Quel futur pour ce secteur?

L’idée de créer des ligues professionnelles à partir de titres multi-joueurs commence à faire son chemin, et l’industrie devrait valoir jusqu’à 1,5 milliards de dollars d’ici 2020, accompagnée également d’une augmentation rapide du nombre de paris liés.

Mr Smith, directeur de la ESport Integrity Coalition (ESIG—Coalition pour l’Intégrité des eSports) nous dit que son organisation tente « de mettre en place des garde-fous » dès maintenant, pour tenter de décourager ou d’empêcher les activités illicites potentielles qu’il envisage être beaucoup plus prévalentes dans les années à venir. Il ajoute « Lorsque le marché sera suffisamment important, les paris sur les eSports deviendront intéressants pour le genre de personnes que nous ne souhaitons pas qui s’y intéresse ».

En Grande Bretagne, la Commission du Jeu, portée par le procès de Février, encourage les grosses compagnies à aider dans le combat de ce problème. EA sports, le fabricant des jeux Fifa a aidé la Commission du Jeu britannique lors du procès de début 2017 et l’organe travaille également avec d’autres développeurs de jeux. Il collabore aussi avec Visa et Mastercard afin de tenter d’obtenir de ces compagnies qu’elles refusent de traiter tout paiement lié à des sites de paris en ligne illégaux. “Nous visons le poumon de ces business et Mastercard et Visa ont accepté de travailler avec nous, un soutien clé », a déclaré une porte-parole de la Commission.

La protection de l’intégrité du secteur naissant des eSports pourrait également se voir aider par les plus grosses compagnies mondiales, notamment Amazon qui vient de racheter Twitch, la platerforme de streaming principale des eSports, pour 970$ millions, un fait d’autant plus notable que ce rachat sort complètement de la sphère de la vente au détail. La société, de même que Tencent, le géant chinois d’internet qui vient d’annoncer le lancement d’une chaîne dédiée aux eSports, sera sûrement également de la partie.